PREMIERS HABITANTS

Au cours de la même année – 1714 – la Seigneurie des Mille-Îles est à nouveau concédée aux fins de colonisation. Nous retrouvons donc Jean Petit et Charles-Gaspard Piot de Langloiserie, époux des deux filles de Michel Sidrac Dugué, à la tête de la Seigneurie des Mille-Îles.

Charles-Gaspard Piot de Langloiserie meurt en 1715, laissant à sa veuve, en plus de nombreux enfants en bas âge, l'île Sainte-Thérèse et la Seigneurie des Mille-Îles.

Madame de Langloiserie (Marie-Thérèse Dugué) réside à Montréal et veille à l'éducation de ses enfants. Puis, vers 1730, elle conduit les premiers colons – les Charbonneau et quelques compagnons – dans la Seigneurie des Mille-Îles, donnant ainsi l'essor au peuplement de la seigneurie. Elle décède en 1744.

Une de ses filles, Suzanne Piot de Langloiserie (1700-1769), épouse Jean-Baptiste Céloron De Blainville et prend la relève de sa mère comme colonisatrice de la Seigneurie des Mille-Îles. De 1745 à 1755, Suzanne De Blainville s'occupe personnellement de toutes les concessions des terres. De 1755 à 1766, elle fait appel à un intermédiaire, Joseph Filion, de Terrebonne. À sa mort en 1769, une partie importante de la seigneurie est défrichée, le long du chemin de la Grande-Côte, sur les rives de la rivière aux Chiens jusqu'à la rivière Cachée, de même que le secteur de la Côte nord, de la Côte sud et du Bas-de-Sainte-Thérèse.

Suzanne et Jean-Baptiste Céloron De Blainville ont un fils, Louis, et trois filles, Marie-Anne Thérèse, Marie-Hypolite et Louise-Suzanne. Marie-Anne Thérèse (1731-1806) épouse le sieur La Marque et Marie-Hypolite (1735-1810), le sieur Hertel.

Marie-Thérèse, mieux connue sous le nom de Thérèse De Blainville, s'occupe personnellement de la Seigneurie des Mille-Îles à compter de 1769, année du décès de sa mère. La majorité des actes juridiques portent sa signature. Elle s'éteint en 1806, laissant à ses successeurs une seigneurie fort bien établie. Sa sœur, Marie-Hypolite, ne revient à la seigneurie qu'en 1780. Elle habite le manoir Hertel jusqu'à sa mort en 1810. Ce manoir était situé près de rue Philippe, à l'intersection du chemin de la Grande-Côte et de la voie ferrée du Canadien Pacifique.

Le sieur Hertel, dernier seigneur colonisateur de la Seigneurie des Mille-Îles, décède en 1817. À cette époque, la Seigneurie des Mille-Îles est définitivement la Seigneurie De Blainville. La portion de la Seigneurie De Blainville qui est devenue Rosemère passe aux mains de William Clauss, procureur général du Haut-Canada. À la mort de ce dernier en 1826, les procureurs John Oldham, John Hettrick et David Morris (1823-1909) s'occupent successivement de la seigneurie.

C'est l'époque de la rébellion de 1837. Les Patriotes de Saint-Eustache incendient le pont Porteous – l'ancêtre du pont Marius Dufresne à l’île Bélair dans le but de freiner l'avance des troupes de Colborne. Une garnison anglaise réside d'ailleurs à Rosemère même, dans la maison Overing également nommée Twin Chimneys – sur le chemin de la Grande-Côte.

En 1861, David Morris, le procureur des Clauss, rachète les droits successoraux de la famille Clauss et devient le sieur Morris, pour les gens de la région.